HISTORIQUE DU RIAD MOUNIA DE MARRAKECH


L’emplacement de l’actuel Riad Mounia faisait partie d’un ensemble de terrains, y compris le jardin public d’aujourd’hui, qui appartenait à un membre de la famille Bouachrin, originaire de Mekhnès, devenu Vizir (ministre), vers 1865, du Sultan Sidi Mohammed (1859-1873). Ce Vizir avait ses bureaux à l’emplacement de l’actuelle mairie de Marrakech-Médina. C’est lui qui fit construire cet ensemble de riads constituant une partie de ce quartier de Riad Zitoun. L’actuel Riad Mounia constituait le" riad de réception des hommes ", tandis que ce qui est devenu le Riad Kaïss, à l’ouest, était celui des femmes et le riad nord est, l’habitation familiale proprement dite. Les petites maisons du derb (impasse) étant affectées à la nombreuse domesticité.

Sous le règne de Moulay Hassan (1873-1894), la famille Bouachrin aurait vendu cet ensemble, à Ben Daoud, Pacha de Marrakech de 1872 à 1886. Henri de La Martinière dans son livre " Souvenirs du Maroc" (1), évoque sa visite au Pacha Ben Daoud, en 1885 : " …nous avons traversé l’arsat (le jardin) Bouachrin pour nous rendre chez Ben Daoud". L’ensemble fut ensuite morcelé durant le Protectorat, vraisemblablement dans les années 1920. L’actuel Riad Mounia fut alors acquis par un membre de la famille Ben Ayoun, qui était un riche négociant et dont le (un ?) fils, Ahmed Ben Ayoun, commandant de l’armée française devint Pacha d’Agadir, l’actuel jardin public étant, quant à lui racheté par la Municipalité.

Au moment de la "Crise dynastique", en 1955, à la fin du Protectorat, Ahmed Ben Ayoun prit parti, avec Thami El Glaoui, Pacha de Marrakech, pour Ben Arafa, contre le sultan Ben Youssef, déposé par les autorités françaises. Après l’Indépendance, en 1956, par représailles, à l’instar des biens du Glaoui, les propriétés de Ben Ayoun furent mises sous séquestre (1957), et vendues par le Service des Domaines marocain.

Madeleine Simon, parente des actuels propriétaires, qui habitait déjà l’ancien "riad de réception des hommes", depuis au moins le début des années 1950, en tant que locataire, s’en porta alors acquéreur (2).

A la mort de Madeleine Simon (20 janvier 1992), l’actuel riad mounia revint pour moitié aux actuels propriétaires qui rachetèrent en 1997 sa part à un cohéritier et, après trois ans de travaux de rénovation, décidèrent d’en faire un Maison d’Hôte.

24/08/2005

(1)La Martinière, Henri, Poisson de (Maximilien-Antoine-Cyprien-Henri). - Souvenirs du Ma- roc. - Plon-Nourrit et Cie, 1919
(2)En même temps, la famille Zaïdi se porta acquéreur de l’actuel Riad Kaïss